June 16, 2021

à Serrana au Brésil, 98% des adultes sont vaccinés contre le Covid-19

Et soudain, le vacarme des ambulances s’est arrêté. Fini les masques et le gel hydroalcoolique. Dans les lieux publics, à l’ombre des grands arbres aux troncs barbus, amis et parents se retrouvent pour s’embrasser, voire se faire un gros câlin. Les bistrots et restaurants sont ouverts. On y boit des bières bien fraîches, en toute insouciance en intérieur et en terrasse.

Dans le cadre d'une expérimentation pilote initiée par l'Institut Butantan, 98% de la population adulte de la ville a été vaccinée et la baisse des décès dus au Covid-19 est de 95%.  La vie reprend son cours normal.

Il ne s’agit pas d’un film d’archives du « monde d’avant », mais du quotidien bien réel d’une petite ville brésilienne. Serrana, située à l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo, offre au visiteur de passage, en ce mois de juin, un visage presque surréaliste : celui d’une véritable oasis, dans un pays ravagé par l’épidémie de Covid. 19, qui y a tué plus de 475 000 personnes.

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Mais cet assouplissement n’est en aucun cas le résultat d’une inconscience collective : à Serrana, 98% de la population adulte est aujourd’hui vaccinée contre le Covid-19. Ces derniers mois, la ville a servi de ville pilote à l’Institut Butantan, l’équivalent local de Pasteur, placé sous l’autorité de l’Etat de Sao Paulo. Le résultat est une baisse spectaculaire des infections, des hospitalisations et des décès.

Marjory Augusto Souza, 30 ans, n'est pas vaccinée.  Il marche sans masque avec son frère, Alisson Grabriel Souza, 31 ans, vacciné contre le Coronavac, à Serrana (Brésil) le 3 juin 2021.

« Capitale de la vaccination »

“Nous sommes fiers! Nous sommes la capitale de la vaccination ! Le monde entier nous connaît ! “, plastron Alisson, pédalant doucement un vélo avec son frère Marjory dans une rue proche de la mairie. Pour leur balade, les deux jeunes trentenaires, tatoués, marcel, casquette et tongs, ont laissé leur masque à la maison. « Ici, la vie reprend son cours normal. Nous embrassons. Il y a même pas mal de soirées », résume Alisson.

Et pour cause : entre février et mai 2021, à Serrana, le nombre de décès liés au Covid-19 a plongé de 95 %, celui des hospitalisations de 86 % et celui des cas symptomatiques de 80 %, selon le Butantan. Des chiffres impressionnants, d’autant plus qu’à peine 4% des receveurs présentaient des effets secondaires importants (maux de tête, douleurs musculaires…). « Moi, je ressentais encore de la fièvre, de la diarrhée et un essoufflement », note Alisson.

“Avec nous, la peur du virus est partie”, se réjouit, pour sa part, Julia, 23 ans, qui veille sur des enfants jouant dans les graviers près d’une petite église peinte en bleu et blanc. A quelques mètres de là, le 3 juin, des dizaines de fidèles célèbrent ensemble le Corpus Christi, tous masqués. «Mais ils ne l’ont mis que parce que nous les avons forcés. A peine sorti, tout le monde enlève son masque ! “, rigole Julia.

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